Avec le soutien du Conseil général et du service régional de l'inventaire, l'Association pour l'inventaire Bretagne (Apib) oeuvre depuis 1999, à raison de trois cantons par an en moyenne. Carte IGN en main, nous allons dans chaque commune du canton concerné pour répertorier sur le terrain et de façon systématique les édifices antérieurs à 1940, explique Stéphanie Ménard, chercheur à l'Apib. Deux de ses collègues ont pour mission d'inventorier les objets mobiliers du patrimoine public dans les églises (objets religieux antérieurs au concile de Vatican II) ou les mairies (anciens drapeaux, Mariannes).
Après avoir réuni une solide documentation (tableau d'assemblage, feuilles de cadastre ancien, bibliographie), le chercheur prend contact avec la mairie voire une association locale du patrimoine. Chaque bâtiment est photographié puis fait l'objet d'une fiche qui détaille sa fonction, l'époque de construction, les matériaux utilisés... Je viens de réaliser l'inventaire de Miniac-Morvan. 600 des 800 bâtiments anciens ont fait l'objet d'une fiche descriptive. Trente édifices présentent un intérêt patrimonial exceptionnel, juge Stéphanie Ménard. L'église, bien sûr, des chapelles et des manoirs mais aussi des fermes. Un patrimoine jamais étudié jusqu'alors.
Le chercheur essaie toujours de rencontrer les propriétaires. Et quand la relation se noue, les discussions sont riches d'enseignement. Les personnes âgées, isolées, sont heureuses de nous renseigner sur l'existence d'anciennes bâtisses et l'évolution de leur commune. Et quand on leur dit que leur vieille maison recèle des trésors : une cheminée du XVIIe siècle, par exemple ? elles en sont fières.?
Les chercheurs de l'Apib s'accordent pour le dire. Aujourd'hui, on constate un intérêt accru pour le patrimoine. Conséquence positive : les rénovations sont réalisées de façon plus respectueuse que par le passé.
C.D.
(article de Nous Vous Ille N° 77 - avril-mai-juin 2007 )